Arrêté du 6 mai
1996 fixant les modalités du contrôle technique exercé
par les communes sur les systèmes d'assainissement non collectif
(J.O. du 8 juin 1996)
Le ministre du travail et des affaires sociales, le ministre de l'intérieur,
le ministre de l'environnement et le ministre de la fonction publique,
de la réforme de l'Etat et de la décentralisation.
Vu le code général des collectivités territoriales,
notamment ses articles L.2224-8 et L.2224-10 ;
Vu le code de la santé publique, notamment ses articles L.l, L.2,
L.33 et L.35-10
Vu le code de la construction et de l'habitation, notamment ses articles
L.l 11-4 et R.lll-3 ;
Vu la loi n°92-3 du 3 janvier 1992 sur l'eau ;
Vu le décret n° 94-469 du 3 juin 1994 relatif à la collecte
et au traitement des eaux usées mentionnées aux articles
L.2224-8 et L. 2224-10 du code général des collectivités
territoriales,
notamment son article 26 ;
Vu l'arrêté du 6 mai 1996 fixant les prescriptions techniques
applicables aux systèmes d'assainissement non collectif ;
Vu l'avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France
en date du 13 mai 1995 ;
Vu l'avis de la mission interministérielle de l'eau en date du
27 juin 1995 ;
Vu l'avis du Comité national de l'eau en date du 7 juillet 1995,
Arrêtent :
Article premier
L'objet de cet arrêté est de fixer les modalités du
contrôle technique exercé par les communes, en vertu des
articles L. 2224-8 et L. 2224-10 du code général des collectivités
territoriales, sur les systèmes d'assainissement non collectif
tels que définis par l'arrêté du 6 mai 1996 fixant
les prescriptions techniques applicables aux systèmes d'assainissement
non collectif.
Art. 2
Le contrôle technique exercé par la commune sur les systèmes
d'assainissement non collectif comprend :
1. La vérification technique de la conception, de l'implantation
et de la bonne exécution des ouvrages. Pour les installations nouvelles
ou réhabilitées, cette dernière vérification
peut être
effectuée avant remblaiement ;
2. La vérification périodique de leur bon fonctionnement
qui porte au moins sur les points suivants :
– vérification du bon état des ouvrages, de leur ventilation
et de leur accessibilité
- vérification du bon écoulement des effluents jusqu'au
dispositif d'épuration
- vérification de l'accumulation normale des boues à l'intérieur
de la fosse toutes eaux.
Dans le cas d'un rejet en milieu hydraulique superficiel, un contrôle
de la qualité des rejets peut être effectué.
Des contrôles occasionnels peuvent en outre être effectués
en cas de nuisances constatées dans le voisinage (odeurs, rejets
anormaux) ;
3. Dans le cas où la commune n'a pas décidé la prise
en charge de leur entretien
- la vérification de la réalisation périodique des
vidanges ;
- dans le cas où la filière en comporte, la vérification
périodique de l'entretien des dispositifs de dégraissage.
Art. 3
L'accès aux propriétés privées prévu
par l'article L. 35-10 du code de la santé publique doit être
précédé d'un avis préalable de visite notifié
aux intéressés dans un délai raisonnable.
Art. 4
Les observations réalisées au cours d'une visite de contrôle
doivent être consignées sur un rapport de visite dont une
copie est adressée au propriétaire des ouvrages et, le cas
échéant, à l'occupant des lieux.
LE CONTROLE DE L'ASSAINISSEMENT NON COLLECTIF (OU AUTONOME)
Les communes doivent mettre en place, au plus tard le 31 décembre
2005, des services chargés de contrôler la réalisation
et le bon entretien des systèmes individuels dont les particuliers
sont responsables. Elles peuvent proposer un service 'entretien.
Les modes de gestion de l'assainissement
Le maire et son conseil municipal choisissent le mode de gestion du service
d'assainissement (collecte et traitement). Il en existe deux principaux
:
• la régie : la commune gère et exploite directement
avec son propre personnel,
• la délégation : une société est mandatée
par la commune (différents contrats sont possibles : concession,
affermage,...).
Il existe aussi des modes mixtes de gestion. Près de 4 500 stations
d'épuration sur 12 000 et près de la moitié des réseaux
d'assainissement sont en gestion déléguée.
OBLIGATIONS DES PARTICULIERS :
- se raccorder à un système collectif ou mettre en place
et entretenir un système autonome d'assainissement,
- ne pas jeter de substances contaminantes, dangereuses ou toxiques dans
le système d'assainissement,
- payer les redevances pour les services rendus.
Réseau collectif d'assainissement : raccordement obligatoire
Les propriétaires ont l'obligation de se raccorder à leurs
frais au réseau collectif s'il passe à proximité
de chez eux. Ils doivent payer la redevance qui permet de financer les
coûts d'investissement et d'exploitation du réseau et de
la station d'épuration.
Il leur est interdit d'introduire des matières solides, liquides
ou gazeuses susceptibles d'être la cause d'un danger ou d'une dégradation
des ouvrages de collecte ou de traitement des eaux usées.
Plus globalement, les particuliers doivent être invités à
faire les "bons gestes" pour préserver l'environnement.
Toute substance contaminante rejetée dans les eaux usées
peut se retrouver
dans les boues d'épuration et nuire finalement à la qualité
environnementale des opérations de recyclage agricole.
Absence de réseau collectif : assainissement autonome
obligatoire.
Les propriétaires sont tenus de réaliser et d'entretenir
un système d'assainissement non collectif, de payer la redevance
qui permet d'en financer le contrôle et éventuellement l'entretien.
Le rejet de substances contaminantes peut également gêner
le bon fonctionnement de la fosse septique et contaminer les matières
de vidange. Ces dernières ne peuvent plus alors être épandues
en agriculture.
ROLE DE L'ETAT :
• fixer les objectifs par agglomération,
• contrôler les projets communaux et le travail des gestionnaires.
Délimitation des "agglomérations"
La notion d'agglomération, au sens de la loi sur l'eau de 1992,
ne tient pas compte nécessairement des limites des communes. C'est
une unité cohérente de production, de collecte et de traitement
de la pollution, délimitée par arrêté préfectoral.
Objectif de réduction des flux de substances polluantes
Les arrêtés préfectoraux définissent, après
enquête publique, les objectifs à atteindre pour chaque agglomération
produisant une charge polluante supérieure à 120 kg DB05/J
(soit environ 2 000 E.H.). Les autorisations préfectorales au titre
de la loi sur l'eau sont accordées en fonction de la pertinence
et de la qualité des projets communaux, pour les stations d'épuration
les plus
importantes.
Police de l'eau
Les résultats de l'autosurveillance des systèmes d'assainissement
sont contrôlés par les préfectures.
Les services préfectoraux peuvent réaliser des contrôles
inopinés sur les sites d'ouvrages d'assainissement pour vérifier
le respect des prescriptions et des obligations de performance
figurant dans les arrêtés d'autorisation.
• Les agences de l'eau :
aides financières et améliorations techniques.
Les agences de l'eau apportent des aides financières pour la réalisation
des ouvrages d'assainissement et pour leur exploitation. Elles financent
aussi des programmes d'étude et
d'expérimentation, éditent des ouvrages techniques pour
l'amélioration des connaissances dans le domaine de l'assainissement.
• Les départements :
aides financières et assistance technique.
Les départements apportent des aides financières en particulier
aux communes rurales. Ils assurent la répartition des aides du
Fonds National d'Adduction d'Eau (FNDAE) en matière d'assainissement.
La plupart d'entre eux disposent de Services d'Assistance Technique à
l'Exploitation des Stations d'Epuration (SATESE) qui aident les collectivités
à gérer leur système
d'assainissement.
Les communes peuvent se regrouper en syndicats intercommunaux pour
assurer en commun la réalisation et l'exploitation de tout ou partie
des ouvrages de collecte ou de traitement. Ces communes ou ces syndicats
peuvent confier la gestion de certains de ces ouvrages à des sociétés
privées.
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