Fait à Paris, le 6 mai 1996.
Le ministre de l'environnement,
Pour le ministre et par délégation :
Le directeur de l'eau, J.-L. Laurent
Le ministre du travail et des affaires sociales,
Pour le ministre et par délégation :
Le directeur général de la santé, J.-F. Girard
Le ministre délégué au logement,
Pour le ministre et par délégation :
Le directeur de l'habitat et de la construction, P.-R. Lemas
Annexe : Caractéristiques techniques et conditions de réalisation
des dispositifs mis en oeuvre pour les maisons d'habitation
I - Dispositifs assurant un prétraitement
1 - Fosse toutes eaux et fosse septique
Une fosse toutes eaux est un appareil destiné à la collecte,
à la liquéfaction partielle des matières polluantes
contenues dans les eaux usées et à la rétention des
matières solides et des déchets flottants. Elle reçoit
l'ensemble des eaux usées domestiques.
Elle doit être conçue de manière à éviter
les cheminements directs entre les dispositifs d'entrée et de sortie
ainsi que la remise en suspension et l'entraînement des matières
sédimentées et des matières flottantes, pour lesquelles
un volume suffisant est réservé.
La hauteur utile d'eau ne doit pas être inférieure à
1 mètre. Elle doit être suffisante pour permettre la présence
d'une zone de liquide au sein de laquelle se trouve le dispositif de sortie
des effluents.
Le volume utile des fosses toutes eaux, volume offert au liquide et à
l'accumulation des boues, mesuré entre le fond de l'appareil et
le niveau inférieur de l'orifice de sortie du liquide, doit être
au moins égal à 3 mètres cubes pour des logements
comprenant jusqu'à cinq pièces principales.
Pour des logements plus importants, il doit être augmenté
d'au moins 1 mètre cube par pièce supplémentaire.
Les fosses toutes eaux doivent être pourvues d'une ventilation constituée
d'une entrée d'air et d'une sortie d'air située au-dessus
des locaux habités, d'un diamètre d'au moins 100 millimètres.
Le volume utile des fosses septiques réservées aux seules
eaux vannes doit être au moins égal à la moitié
des volumes minimaux retenus pour les fosses toutes eaux.
2 - Installations d'épuration biologique à boues
activées
Le volume total des installations d'épuration biologiques à
boues activées doit être au moins égal à 2,5
mètres cubes pour des logements comprenant jusqu'à six pièces
principales.
L'installation doit se composer :
- soit d'une station d'épuration biologique à boues activées
d'un volume total utile au moins égal à 1,5 mètre
cube pour l'ensemble du compartiment d'aération et du clarificateur,
suivie
obligatoirement, en aval du clarificateur et distinct de celui-ci, d'un
dispositif de rétention et d'accumulation des boues (piège
à boues) d'un volume au moins égal à 1 mètre
cube ou un
dispositif présentant une efficacité semblable ;
- soit d'une station d'un volume total utile au moins égal à
2,5 mètres cubes pour l'ensemble du compartiment d'aération
et du clarificateur, ce dernier devant présenter une efficacité
semblable
au piège à boues mentionné à l'alinéa
précédent.
Pour des logements comprenant plus de six pièces principales, ces
volumes font l'objet d'une étude particulière.
3 - Installations d'épuration biologique à cultures
fixées
Pour un logement comportant jusqu'à six pièces principales,
l'installation d'épuration biologique à cultures fixées
comporte un compartiment de prétraitement anaérobie suivi
d'un ompartiment
de traitement aérobie. Chacun des compartiments présente
un volume au moins égal à 2,5 mètres cubes.
Le prétraitement anaérobie peut être assuré
par une fosse toutes eaux. Pour des logements comprenant plus de six pièces
principales, les volumes des différents compartiments font l'objet
d'une étude spécifique.
II - Dispositifs assurant l'épuration et l'évacuation des
effluents par le sol
1 - Tranchées d'épandage à faible profondeur dans
le sol naturel (épandage souterrain)
L'épandage souterrain doit être réalisé par
l'intermédiaire des tuyaux d'épandage placés horizontalement
dans un ensemble de tranchées.
Ceux-ci doivent être placés aussi près de la surface
du sol que le permet leur protection.
La longueur totale des tuyaux d'épandage mis en oeuvre doit être
fonction des possibilités d'infiltration du terrain et des quantités
d'eau à infiltrer.
Les tuyaux d'épandage doivent avoir un diamètre au moins
égal à 100 millimètres. Ils doivent être constitués
d'éléments rigides en matériaux résistants
munis d'orifices dont la plus petite dimension doit être au moins
égale à 5 millimètres.
La longueur d'une ligne de tuyaux d'épandage ne doit pas excéder
30 mètres. La largeur des tranchées d'épandage dans
lesquelles sont établis les tuyaux d'épandage est de 0,50
mètre
minimum. Le fond des tranchées est garni d'une couche de graviers
sans fines, d'une granulométrie 10/40 millimètres ou approchant.
La distance d'axe en axe des tranchées doit être au moins
égale à 1,50 mètres.
Le remblai de la tranchée doit être réalisé
après interposition, au-dessus de la couche de graviers, d'un feutre
ou d'une protection équivalente perméable à l'air
et à l'eau.
L'épandage souterrain doit être maillé chaque fois
que la topographie le permet. Il doit être alimenté par un
dispositif assurant une égale répartition des effluents
dans le réseau de
distribution.
2 - Lit d'épandage à faible profondeur
Le lit d'épandage remplace les tranchées à faible
profondeur dans le cas des sols à dominante sableuse où
la réalisation des tranchées est difficile. Il est constitué
d'une fouille unique à fond horizontal.
3 - Lit filtrant vertical non drainé et tertre d'infiltration
Dans le cas où le sol présente une perméabilité
insuffisante, un matériau plus perméable (sable silicieux
lavé) doit être substitué au sol en place sur une
épaisseur minimale de 0,70 mètre sous
la couche de graviers qui assure la répartition de l'effluent distribué
par des tuyaux d'épandage.
Dans le cas où la nappe phréatique est trop proche, l'épandage
doit être établi à la partie supérieure d'un
tertre réalisé au-dessus du sol en place.
III - Dispositifs assurant l'épuration des efïluents
avant rejet vers le milieu hydraulique superficiel
1 - Lit filtrant drainé à flux vertical
II comporte un épandage dans un massif de sable propre rapporté
formant un sol reconstitué tel que décrit dans la présente
annexe.
A la base du lit filtrant, un drainage doit permettre d'effectuer la reprise
des effluents filtrés pour les diriger vers le milieu hydraulique
superficiel ; les drains doivent être, en plan, placés de
manière alternée avec les tuyaux distributeurs.
La surface des lits filtrants drainés à flux vertical doit
être au moins égale à 5 mètres carré
par pièce principale, avec une surface minimale totale de 20 mètres
carré.
Dans le cas où la nappe phréatique est trop proche, l'épandage
doit être établi à la partie supérieure d'un
tertre réalisé au-dessus du sol en place.
2 - Lit filtrant drainé à flux horizontal
Dans le cas où le terrain en place ne peut assurer l'infiltration
des effluents et si les caractéristiques du site ne permettent
pas l'implantation d'un lit filtrant drainé à flux vertical,
un lit filtrant drainé à flux horizontal peut être
réalisé.
Le lit filtrant drainé à flux horizontal est établi
dans une fouille à fond horizontal, creusée d'au moins 0,50
mètre sous le niveau d'arrivée des effluents.
La répartition des effluents sur toute la largeur de la fouille
est assurée, en tête, par une canalisation enrobée
de graviers 10/40 millimètres ou approchant dont le fil d'eau est
situé à au moins 0,35 mètre du fond de la fouille.
Le dispositif comporte successivement, dans le sens d'écoulement
des effluents, des bandes de matériaux disposés perpendiculairement
à ce sens, sur une hauteur de 0,35 mètre au moins, et sur
une longueur de 5,5 mètres :
- Une bande de 1,20 mètre de gravillons fins 6/10 millimètres
ou approchant ;
- Une bande de 3 mètres de sable propre ;
Une bande de 0,50 mètre de gravillons fins à la base desquels
est noyée une canalisation de reprise des effluents.
L'ensemble est recouvert d'un feutre imputrescible et de terre arable.
La largeur du front de répartition est de 6 mètres pour
4 pièces principales et de 8 mètres pour 5 pièces
principales ; il est ajouté 1 mètre supplémentaire
par pièce principale pour les habitations plus importantes.
IV - Autres dispositifs
1 - Bac à graisses
Le bac à graisses (ou bac dégraisseur) est destiné
à la rétention des matières solides, graisses et
huiles contenues dans les eaux ménagères.
Le bac à graisses et les dispositifs d'arrivée et de sortie
des eaux doivent être conçus de manière à éviter
la remise en suspension et l'entraînement des matières grasses
et des solides dont l'appareil a réalisé la séparation.
Le volume utile des bacs, volume offert au liquide et aux matières
retenues en dessous de l'orifice de sortie, doit être au moins égal
à 200 litres pour la desserte d'une cuisine ; dans
l'hypothèse où toutes les eaux ménagères transitent
par le bac à graisses, celui-ci doit avoir un volume au moins égal
à 500 litres.
Le bac à graisses peut être remplacé par une fosse
septique.
2 - Fosse chimique
La fosse chimique est destinée à la collecte, la liquéfaction
et l'aseptisation des eaux vannes, à l'exclusion des eaux ménagères.
Elle doit être établie au rez-de-chaussée des habitations.
Le volume de la chasse d'eau automatique éventuellement établie
sur une fosse chimique ne doit pas dépasser 2 litres.
(Arrêté du 3 décembre 1996, article 1er)
Le volume utile des fosses chimiques est au moins égal à
100 litres pour un logement comprenant « jusqu'à trois pièces
principales. Pour des logements plus importants, il doit être
augmenté d'au moins » 100 litres par pièce supplémentaire.
La fosse chimique doit être agencée intérieurement
de telle manière qu'aucune projection d'agents utilisés
pour la liquéfaction ne puisse atteindre les usagers.
Les instructions du constructeur concernant l'introduction des produits
stabilisants doivent être mentionnées sur une plaque apposée
sur l'appareil.
3 - Fosse d'accumulation
La fosse d'accumulation est un ouvrage étanche destiné à
assurer la rétention des eaux vannes et, exceptionnellement, de
tout ou partie des eaux ménagères.
Elle doit être construite de façon à permettre leur
vidange totale.
La hauteur du plafond doit être au moins égale à 2
mètres.
L'ouverture d'extraction placée dans la dalle de couverture doit
avoir un minimum de 0,70 par 1 mètre de section.
Elle doit être fermée par un tampon hermétique, en
matériau présentant toute garantie du point de vue de la
résistance et de l'étanchéité.
4 - Puits d'infiltration
Un puits d'infiltration ne peut être installé que pour effectuer
le transit d'effluents ayant subi un traitement complet à travers
une couche superficielle imperméable afin de rejoindre la couche
sous-jacente perméable et à condition qu'il n'y ait pas
de risques sanitaires pour les points d'eau destinée à la
consommation humaine.
La surface latérale du puits d'infiltration doit être étanche
depuis la surface du sol jusqu'à 0,50 mètre au moins au-dessous
du tuyau amenant les eaux épurées. Le puits est recouvert
d'un tampon.
La partie inférieure du dispositif doit présenter une surface
totale de contact (surface latérale et fond) au moins égale
à 2 mètres carrés par pièce principale.
Le puits d'infiltration doit être garni, jusqu'au niveau du tuyau
d'amenée des eaux, de matériaux calibrés d'une granulométrie
40/80 ou approchant.
Les effluents épurés doivent être déversés
dans le puits d'infiltration au moyen d'un dispositif éloigné
de la paroi étanche et assurant une répartition sur l'ensemble
de la surface, de telle façon qu'ils s'écoulent par surverse
et ne ruissellent pas le long des parois.
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